Les troubles de la personnalité
Les troubles de la personnalité
Découvrez les troubles de la personnalité : définition, types, symptômes, manifestations et impacts sur les relations et la vie quotidienne.
Dans une série de deux autres textes, nous décrivons les troubles de la personnalité limite et narcissique qui sont probablement plus connus en raison, entre autres, des interactions négatives que ces troubles suscitent chez l'entourage. Mais avant, nous traitons de ce qu’est la personnalité et offrons une définition générale de ce que sont les troubles de la personnalité1.
La personnalité, selon Huot et Lalonde (2016)2, est l’essence d’un individu. « Elle est à la fois dynamique et stable : dynamique parce que la personnalité permet une variété de comportements et de transformations, et stable parce qu’une personne reste reconnaissable au fil des changements importants liés à son développement et à la transformation de ses rôles sociaux » (p. 246).
- Des exemples de ce que l’on entend par dynamisme : une personne peut être très sociable au travail, proactive dans les réunions, mais chercher davantage de calme lorsqu’elle est à la maison. La personnalité permet cette flexibilité pour s’adapter aux situations.
- Pour ce qui est de la stabilité, une personne reconnue depuis l’adolescence comme étant empathique ou créative le restera généralement à l’âge adulte, même si sa vie professionnelle ou sociale évolue.
- La stabilité au fil des changements liés au développement renvoie au fait que l’on reconnait la personnalité à travers divers rôles comme devenir parent, changer de profession ou traverser des étapes importantes dans sa vie. La personne conserve des aspects fondamentaux de son tempérament. Par exemple, une personne de nature organisée dans ses études demeurera structurée dans son travail.
On traite également de traits de personnalité dont une théorie qui considère ces traits sur un plan dimensionnel, c’est-à-dire selon des dimensions ou des facteurs, au nombre de cinq traits :
-
sociabilité
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névrotisme
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ouverture à l’expérience
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extraversion
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conscience
On traite également de traits de personnalité dont une théorie qui considère ces traits sur un plan dimensionnel, c’est-à-dire selon des dimensions ou des facteurs, au nombre de cinq traits :
- sociabilité
- névrotisme
- ouverture à l’expérience
- extraversion
- conscience
Mais des recherches dans le domaine clinique ont conduit à traiter de ces traits plutôt de façon catégorielle, on pourrait dire plus négative, comme l’impulsivité, l’agressivité, etc. Dans ce sens, ces cliniciens ont mis l’accent sur des catégories de personnalité « soit des individus qui présentent des façons d’être qui peuvent entraîner des problèmes sérieux d’adaptation. Par exemple [des] personnalités très rigides [ou] très méfiantes, ou très agressives, ou très flamboyantes » (Diguer, 2021, p. 229).
Ces traits « se manifestent par des comportements qui perdurent, malgré qu’ils provoquent une souffrance psychologique ou nuisent aux relations interpersonnelles, à la capacité de travailler ou à d’autres domaines du fonctionnement. De tels traits constituent alors des troubles de la personnalité » (Huot et Lalonde, 2016, p. 246).
Les troubles de la personnalité, au nombre de dix, sont classés dans trois groupes4.
Le groupe A que l’on considère comme des troubles bizarres et excentriques comporte la personnalité paranoïaque, schizoïde et schizotypique. Les personnes présentant ces troubles ont tendance à vivre de l’isolement social.
- La personnalité paranoïaque en raison d’une méfiance excessive à l’égard des autres.
- La personnalité schizoïde par manque d’intérêt à nouer des relations sociales.
- La personnalité schizotypique en raison de l’excentricité que démontrent les personnes présentant ce trouble qui fait en sorte qu’elles sont rejetées socialement.
Le groupe B, considéré comme des troubles dramatiques, inclut les personnalités histrionique, narcissique, limite et antisociale. Ces personnalités sont qualifiées de dramatiques en raison de leurs comportements excessifs, mais aussi en raison des conséquences de ces comportements qui sont dramatiques. Selon Huot et Lalonde (2016), les troubles de ce groupe « comportent tous un aspect asocial de manque d’empathie à l’égard des besoins et des émotions des autres » (p. 253).
- Les personnes ayant un trouble histrionique par besoin d’attention sur leur personne.
- Celles ayant un trouble de la personnalité limite par des excès émotifs rendant leurs relations interpersonnelles difficiles.
- Les personnes narcissiques et antisociales par un manque d’empathie manifeste et de mépris à l’égard des autres.
Enfin le groupe C inclut les personnalités évitante, dépendante et obsessionnelle-compulsive considérées comme des personnalités anxieuses et craintives. L’élément commun de ces troubles est la peur démesurée qu’elles présentent.
« La personne affectée a peur d’être rejetée (personnalité évitante), peur d’être seule (personnalité dépendante) et peur de ne pas atteindre un certain [degré] d’exigence (personnalité obsessionnelle-compulsive) » (Huot et Lalonde, 2016, p. 261).
Il est à noter que le trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive se distingue du trouble obsessionnel-compulsif. La personne ayant ce type de personnalité est rigide et n’accorde aucune place pour l’erreur, car ne pas atteindre les résultats escomptés est considéré comme un échec. Elle a parfois tendance à dresser des listes de choses à faire en perdant de vue le but principal de l’activité (Huot et Lalonde, 2016, p. 264). Alors que la personne vivant avec un trouble obsessionnel-compulsif a des pensées intrusives et obsédantes dont elle sent l’obligation d’effectuer des rituels pour les éliminer.
Une définition générale du trouble de la personnalité
Il s’agit d’un patron persistant d’expérience interne et de comportements qui dévie de façon marquée des attentes de la culture de l’individu. Ce patron se manifeste dans deux (ou plus) des domaines de la cognition (façon de percevoir et d’interpréter les autres et les événements), de l’affectivité (entre autres par l’intensité et l’instabilité de la réponse émotionnelle); du fonctionnement interpersonnel et du contrôle des pulsions. C’est un patron envahissant et inflexible dont la survenue débute à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, et ce, à travers plusieurs situations sociales et personnelles. Il est stable dans le temps, et conduit la personne à vivre de la détresse ou à une détérioration de son fonctionnement (APA, 2022, p. 735-736)5. Cette définition s’applique aux dix troubles de la personnalité. Certains troubles sont plus diagnostiqués chez les hommes (personnalité narcissique et antisociale), et certains plus chez les femmes (histrionique, limite).
Des exemples de manifestations dans les différents domaines
| Cognition (perception et interprétations) | Une personne ayant un trouble de la personnalité narcissique peut percevoir une critique constructive comme une attaque injuste ou une mise en doute de sa valeur. |
| Affectivité (intensité et instabilité émotionnelles) | Les personnes présentant un trouble de la personnalité limite peuvent vivre des émotions très intenses qui changent rapidement : se sentir rejetées par une personne après une demande non répondue, puis très attachées à elle quelques heures plus tard. |
| Fonctionnement interpersonnel | Une personne ayant un trouble de la personnalité dépendante peut avoir beaucoup de difficulté à prendre des décisions sans être rassurée ou guidée par l’autre. |
| Contrôle des pulsions | Une personne avec un trouble de la personnalité limite peut faire des dépenses impulsives ou adopter des comportements à risque pour apaiser momentanément une tension interne. |
| Impacts sur la vie quotidienne | Difficulté à garder des relations stables en raison de malentendus ou de réactions émotionnelles disproportionnées. Conflits répétés au travail en raison d’interprétations erronées ou de réactions impulsives. Sentiment récurrent de vide, d’insécurité ou de colère mal contrôlée. |
Il est important par ailleurs de prendre en compte le contexte ethnique, culturel et social de la personne.
En effet, les troubles de la personnalité ne doivent pas être confondus avec des problèmes d’acculturation suivant l’immigration ou avec l’expression d’habitudes, de coutumes ou de valeurs politiques et religieuses de la culture d’origine de l’individu6.
« L'acculturation est le processus par lequel une culture adopte les coutumes et les idées d'une autre culture. Il s'agit d'un processus d'apprentissage et d'adoption des valeurs, des comportements et des traditions d'un autre groupe ou d'une autre société.
Ce phénomène peut se produire [sur le plan] individuel, par exemple lorsqu'une personne s'installe dans un nouveau pays et adopte les coutumes de ce dernier.
Il peut également se produire à plus grande échelle, par exemple lorsqu'un pays est colonisé par un autre et adopte ses coutumes » (Fort, Crema et Madella, 2015, cités dans Nickerson, 2024)7.
Ce qu’il faut savoir pour l’ensemble de ces troubles de la personnalité et la définition qu’en donne le DSM-5, c’est que cette catégorisation ne décrit pas la personnalité dans sa globalité. Il est important de mentionner que :
« 1) ces troubles n’affectent aucunement l’intelligence, les aptitudes de la personne étant préservées;
2) chaque individu possède des traits de personnalité qu’il aurait avantage à modifier, un trouble de la personnalité désignant uniquement des traits rigides, envahissants et qui entraînent une souffrance ou nuisent au fonctionnement de la personne;
3) ils peuvent évoluer favorablement dans le temps » (Lebel et Paquette, 2015, cités dans Ledoux-Bérubé, 2016, p. 3-4)8.
Nous vous invitons à poursuivre votre exploration de l’outil Cap Mieux-Être et entreprendre la lecture sur le trouble de la personnalité limite et le trouble de la personnalité narcissique.
Sources et notes
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1 Une partie de ce texte est reprise d’un texte rédigé pour le programme de formation des intervenants pairs de l’AQRP.
-
2 Huot, A. et Lalonde, J.-A. (2016). Les troubles de la personnalité. Dans M. Benny, A. Huot, J.-A. Lalonde, J. Landry-Cuerrier, L. Marinier et M.-A. Sergerie (dir.), Santé mentale et psychopathologie. Une approche biopsychosociale (2e éd., p. 245-272). MODULO.
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3 Diguer, L. (2021). La psychologie de la personnalité : normalité et psychopathologie. Dans S. Grondin (dir.), La psychologie au quotidien. Édition complète (p. 225-245). Presses de l’Université Laval.
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4 Huot et Lalonde (2016), op. cit.
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5 American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and statistical manual of mental disorders. Text revision (DSM-5-TRTM) (5e éd.)
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6 Ibid., p. 736.
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7 Nickerson, C. (2024). What is acculturation et why it happens. SimplyPsychology.
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8 Ledoux-Bérubé, A. (2016). Une intervention individualisée de suivi communautaire axé sur les forces avec des adultes ayant un trouble de la personnalité [essai de maitrise inédit]. Université Laval.
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